Comment Fenotek a imaginé le premier interphone connecté par Les Echos

In Blog

C’est en voyant un proche trop fatigué par l’âge pour ouvrir la porte à ses visiteurs, que Bruno Davoine a eu l’idée de créer un interphone vidéo sans fil, qui se connecte au wi-fi de la maison en vue de surveiller son accès à partir d’un smartphone. Remarqué au CES de Las Vegas, ce prototype baptisé « Hi » – salut en anglais – met l’habitat sous haute vigilance, grâce à une petite armée de capteurs et de logiciels. Il est capable de détecter des mouvements suspects devant la porte d’entrée, de reconnaître les membres du foyer, de déclencher une alarme en cas de tentative d’intrusion ou d’enregistrer ce qu’il voit.

« C’est un majordome connecté suffisamment musclé en technologies pour être à la fois dissuasif et convivial », explique le président et cofondateur de Fenotek, un ancien d’Adobe et de Tagsys. Avec ses associés Didier Elbaz, directeur opérationnel, et Olivier Ros, directeur technique, Bruno Davoine a investi 500.000 euros pour concevoir les premières briques technologiques de ce concierge électronique. Les autres proviennent de la communauté des développeurs sous Android. Dernièrement, ils ont, par exemple, rajouté un service qui permet de transmettre un QR Code pour commander l’ouverture des portes dotées de serrures électroniques ou de gâches électriques. Il s’avère très utile en cas de location d’un appartement ou pour éviter de faire patienter des invités devant la porte, quand on est en retard.

Commercialisé fin 2016

Ce système permet également de définir des scénarios intégrant d’autres objets IFTTT (« If This Then That »), le service d’automatisation en ligne des tâches entre les différents canaux connectés. Par exemple, si un détecteur d’incendie compatible retentit, la serrure se déverrouille. Autre possibilité, un parent peut recevoir un Sms quand son enfant passe la porte en rentrant du collège. Ou encore, les lumières du salon et la musique s’allument dès qu’on franchit le seuil de sa maison. Enfin, on peut simplement actionner la caméra HD et grand angle à distance sur son smartphone pour répondre, par exemple, à un livreur. La jeune entreprise démarre une campagne de « crowdfunding » ces jours-ci pour recruter quelques centaines de bêta-testeurs, avant la commercialisation prévue au quatrième trimestre 2016. Le prix envisagé est de 449 euros, plus un abonnement pour des services premium, comme la reconnaissance faciale. Fenotek s’adresse aux 600 millions de propriétaires européens et nord-américains qui veulent sécuriser leur habitat.

Rien qu’en France, 382.000 infractions ont lieu chaque année, dont 80 % dans la journée. Pour les séduire, l’entreprise mise également sur le design inspiré du mouvement artistique américain Streamline, à l’origine des lignes aérodynamiques et fuselées des bolides des années 1930. Vu le potentiel de son interphone connecté, Fenotek espère générer 10 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici à trois ans.

Paul Molga, Les Echos

En savoir plus sur le sites des Echos : http://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/021788513083-comment-fenotek-a-imagine-le-premier-interphone-connecte-1214039.php

Recent Posts

Leave a Comment